Le propylène glycol est couramment utilisé en élevage laitier, y compris ceux équipés de robots de traite, pour prévenir ou traiter le déficit énergétique autour du vêlage.
L’augmentation du niveau de production des vaches laitières s’accompagne d’une hausse de leurs besoins énergétiques, en particulier les premières semaines après le vêlage, avec une capacité d’ingestion limitée. Les animaux sont alors confrontés à un déficit énergétique pouvant conduire à l’apparition de troubles liés à la cétose clinique ou subclinique.
Qu’est-ce que le propylène ?
C’est un précurseur de glucose. Liquide visqueux et incolore, il permet un apport rapide d’énergie. Une partie est absorbée par les parois du rumen. L’autre partie est métabolisée par les microorganismes du rumen, produisant notamment du propionate qui constitue un acteur majeur de la néoglucogenèse, permettant la synthèse de glucose.
Son utilisation vise principalement à prévenir les acétonémies de début de lactation et traiter les vaches en déficit énergétique marqué. Il aide aussi à la reprise d’état après vêlage et donc au soutien des performances de reproduction.
Cependant le propylène glycol pur, est très peu appétent. Son apport doit être fractionné pour être bien consommé et ainsi ne pas réduire la fréquentation de l’automate distributeur.
Propylène, glycérol ou sorbitol ?
Cousins du propylène, le glycérol et le sorbitol sont souvent mieux acceptés gustativement. Ils n’ont toutefois pas le même intérêt métabolique.
Le glycérol possède un hydroxyle de plus par rapport au propylène, ce qui lui donne une meilleure viscosité et un goût plus sucré. Toutefois, le métabolisme digestif est différent.
Le sorbitol est un alcool de sucre, accepté par les animaux grâce à son goût sucré. Il stimule certaines fonctions hépatiques et biliaires. En revanche, son efficacité comme source glycogénique directe est inférieure à celle du propylène glycol.
Ainsi en élevage laitier, les produits commerciaux contiennent souvent un mélange de ces trois molécules afin de combiner efficacité métabolique et appétence.

Et sur le terrain ?
L’acétonémie représente un enjeu technique et économique important. Son coût est estimé à 350/400 € par vache atteinte. En Haute-Loire, sur une soixantaine d’élevages audités, 2 utilisations sont identifiées :
- En curatif : uniquement pour les animaux présentant des signes cliniques d’acétonémie à hauteur de 500mL/jour pendant 5 jours.
- En préventif : en systématique pendant les premières semaines de lactation suivant un plan de distribution à 300mL/jour.
L’étude comparative des deux utilisations montre peu de différence sur la réussite de la reproduction. En revanche la différence est marquée concernant la maîtrise des troubles métaboliques avec une baisse notable de vaches atteintes d’acétonémie.
L’intérêt économique du propylène apparaît plus nuancé. Son efficacité est soumise à une maîtrise performante de la conduite alimentaire pour être pleinement efficace.
Discussion
L’utilisation systématique de ce type de produit a un coût qui n’est pas totalement compensé par les gains zootechniques observés. Les résultats suggèrent qu’une utilisation ciblée sur les vaches les plus à risque constitue actuellement le meilleur compromis entre efficacité technique et rentabilité économique, à condition qu’elle s’intègre dans une stratégie globale de maîtrise du tarissement et de l’accompagnement de début de lactation.
Antoine Roche, Haute-Loire Conseil Elevage




