Ensilage d’herbe : bon cru 2025 !

L’année 2025 a offert un printemps globalement favorable à la production de fourrages. Les élevages ont pu constituer des stocks intéressants, tant en qualité qu’en quantité. C’est donc la période clé pour penser à leur valorisation.

 

Les premières coupes plutôt précoces sont prometteuses en termes de valeurs alimentaires et s’annoncent lactogènes.

 

Fort de rendements 2025 correct, et pour beaucoup de report de stocks de 2024, l’équation sera de gérer des fourrages de typicité différente. Lorsque cela est possible, il sera intéressant de panacher ces stocks afin de limiter les impacts de distribution de fourrages de moindre qualité et également pouvoir bénéficier des fourrages lactogènes de l’année en cours. Ce choix permettra également de construire des rations cohérentes et adaptées afin d’éviter les gaspillages. Les aliments les plus riches seront évidemment à réserver aux animaux en production. Les fourrages plus fibreux trouvent toute leur place dans les rations des animaux à moindre besoin.

 

Dans de telles conditions, la stratégie du choix de concentrés doit se raisonner et se faire en fonction du niveau de production attendu, et des caractéristiques globales des fourrages utilisés. Dans le cadre de stocks abondants, l’utilisation d’aliments déshydratés, tel que les pulpes de betterave ou luzerne déshydratée n’apporteront pas de bénéfices.

 

Avec l’utilisation exclusive de fourrages 2025, les densités alimentaires de ration seront par nature plus forte et les niveaux d’ingestion très certainement bons. Ainsi, l’utilisation de matière première, tel que le maïs grain ou l’orge en quantités raisonnables seront des pistes à ne pas écarter.  Le recours aux correcteurs azotés se fera en quantités plus faibles qu’en 2024 et de façon plus efficace. Moins de fibres et plus de digestibilité, c’est autant de gain sur le métabolisme de l’animal.

 

Dans le cadre d’un panachage avec des fourrages des années précédentes, on prendra soin de bien réajuster les niveaux de complémentation. Il faudra alors chercher à densifier la ration, à la fois en énergie, mais également en MAT pour assurer une dégradation correcte de la fibre. Un niveau plus élevé de concentrés sera alors inévitable, avec des sources plus solubles.

 

Le point de vigilance d’un tel système restera l’appétence des fourrages. Dans le cas de rations non mélangées il faudra veiller au bon respect du film alimentaire car les animaux risquent d’attendre la distribution du fourrage de meilleure qualité et ainsi provoquer de potentielles instabilités ruminales.

 

Comme chaque année, pour être performante, la ration hivernale doit s’anticiper et s’adapter.

 

Jérôme Gachet, CEL43, et Elisabeth Bonnal, Cantal Conseil Elevage

 

 

 

Si les bons ensilages restent bons d’une année sur l’autre, les tendances générales sont tout de même différentes. Les bons niveaux protéiques cette année, couplé à une bonne digestibilité (+0,04 UF, soit environ 1,5 litres de lait par jour, par animal) rendrons la synthèse laitière plus facile tout en maintenant des vaches en pleine forme !

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