Nos vaches laitières sont aujourd’hui moins tolérantes au stress thermique que par le passé.
Les vagues de chaleurs sont plus précoces dans la saison, plus fréquentes et plus intenses qu’auparavant.
Les fortes productrices sont plus impactées du fait d’un métabolisme plus important.
Les effets d’un stress thermique se ressentent au bout de quelques jours au niveau de la production laitière. Sur le long terme, c’est surtout la reproduction qui va être impactée.
L’animal va devoir s’adapter et modifier son comportement face à des températures supérieures à 23 degrés qui mettront en stand-by ses fonctions de reproduction.
Pour lutter contre la chaleur, l’animal va sécréter une hormone : le cortisol (hormone du stress). Celle-ci va diminuer la sécrétion des hormones qui régissent le fonctionnement du système de reproduction, compromettant ainsi la fertilité et la fécondité des animaux.
Ce dysfonctionnement hormonal peut mener à des follicules de mauvaise qualité, des expressions de chaleurs moins marquées, un taux de conception plus faible, une mortalité embryonnaire accrue, ainsi que des vêlages avant terme avec accroissement des rétentions placentaires.
Les conditions intra-utérines ont aussi un impact. Pour une température extérieure de 30°C, une vache en production a une température rectale de 39.8°C. L’impact négatif sur la fertilité est observé dès que la température rectale dépasse 39.5°C (Hansen, 2007).
L’exposition à des températures de 32°C faisant augmenter les températures rectales à 40°C peuvent avoir un impact sur le taux de conception jusqu’à 72 heures après l’insémination.
Connaître le THI pour piloter la repro en période estivale
La durée d’exposition à des THI supérieurs à 75 et la durée du pic THI dans la journée vont influer sur l’augmentation de la température corporelle, la qualité de l’ovocyte ainsi que la croissance folliculaire.
Il est donc important de connaître la dynamique d’ambiance à l’intérieur de votre bâtiment pour mieux piloter la repro en période de fortes chaleurs.
Un contrôle régulier du THI, une valorisation instantanée, un enregistrement dans le temps et un prévisionnel THI bâtiment à J+3 permettront une meilleure anticipation sur la maîtrise de la mise à la reproduction.
Une étude menée par Rhône Conseil Elevage lors de la dernière quinzaine d’Août en 2023 sur 3 secteurs d’insémination a montré un taux de réussite en 1ère IA à 30 % soit une baisse 20 à 30 points sur l’ensemble des animaux inséminés sur cette période.
Il s’en suit une augmentation de l’IVV, des lactations à rallonge mettant à mal la valorisation des rations les mois qui suivent. Nous pouvons observer sur des vaches en début de lactation des acétonémies subcliniques matérialisées par une hausse des BHB (corps cétoniques). Celles-ci seront certainement en anœstrus avec une apparition de kyste folliculaire.
C’est du 1er au 3ème jour que l’embryon est le plus vulnérable. Il est sensible à un stress thermique court et intense (9 à 12 heures à une température utérine de 41°C), c’est pourquoi avoir une valeur prévisionnelle de THI et de température est nécessaire pour prendre la décision de mise à la reproduction.
La décision de mise à la reproduction doit prendre en compte les conditions climatiques dans lesquelles l’animal a évolué.
Nous pouvons observer :
- un échec en IA1ère
- Peu de vaches gestantes sur la période juillet /aout 2023
- Des animaux échographiés « vides » avec présence de kystes sur les animaux inséminés sur la période critiques
Alexandre Batia, Rhône conseil élevage





