Retour sur le Projet de lancement de l’engraissement des chevreaux à la ferme

Le 22 Janvier 2024 s’est créé l’association Eleveurs de chevreaux d’Auvergne-Rhône-Alpes (EDC AURA). Un premier groupe s’est formé avec les éleveurs des départements de Drôme et d’Ardèche.

 

Une association d’éleveurs dynamiques

Comme toute association, il y a un bureau dont le président est Denis Dumain de l’Elevage du Serre à Ribes (07). Elle est également composée d’éleveurs caprins intéressés à développer l’engraissement à la ferme en trouvant des débouchés pérennes.

Comment fonctionne cette nouvelle association, de portée régionale ? L’éleveur engraisse ses chevreaux à la ferme, l’association lui achète en vif et vend la viande de chevreau fermier à ses clients.

Gestion, planification, promotion et développement de la filière sont au centre de ce groupe qui fait appel à des prestataires d’abattage et prochainement de découpe.

Les objectifs de l’association sont de créer du lien autour de nos assiettes, en favorisant la coopération entre les différents métiers de la filière, en sensibilisant les consommateurs, en rémunérant les éleveurs au juste prix pour l’ensemble de leurs productions fermières. L’idée est également de permettre aux consommateurs de manger local, diversifié et de saison, afin de favoriser une alimentation Française et de qualité et de promouvoir un élevage à la ferme prenant en compte le bien-être des animaux.

Pour assurer la réussite du projet pilote – d’autant plus crucial que Pâques 2024 tombait tôt (le 1er avril) – un accompagnement technique rigoureux a été mis en place.

 

 

La technique au cœur du projet

Chaque élevage avait droit à un accompagnement technique. Les techniciens avaient 3 visites à réaliser !

Une visite préalable qui devait être effectuée 2 à 4 semaines avant le début des mises-bas. Celle-ci consistait à remplir une check-list avec l’éleveur et de réaliser un tour d’élevage. Son objectif était de s’assurer que l’éleveur avait toutes les cartes en main pour réussir l’engraissement de ses chevreaux.

Lors de cette première visite, quelques chiffres clés étaient donnés aux chevriers, comme :

  • ne pas dépasser 25% de matière grasse pour la poudre de lait
  • ne pas descendre en dessous de 140 grammes de poudre par litre de buvée,
  • respecter les 40-45 °c de la louve,
  • Peser les cabris du lot d’engraissement à la naissance et lors des deux autres visites pour suivre le GMQ

Pour cette première année, il était conseillé aux éleveurs de ne pas mettre dans le lot pour l’association des cabris dont le poids de naissance était inférieur à 3.5 kg

Une deuxième visite avait lieu 30 jours après les mises-bas ou une pesée du lot d’engraissement était faite avec un appui technique autour de cette activité (modification des dosages de la poudre de lait, réglage de la louve, alimentation solide, allottement).

La troisième visite, quant à elle, était réalisée 50 jours post mises-bas. Un appui technique et une nouvelle pesée du lot étaient réalisés.

C’est après cette pesée qu’été défini le créneau d’abattage en fonction des GMQ entre les deux dernières pesées. Un bon d’annonce était alors rempli (nombre de chevreaux qui seront abattus à la date et poids vifs estimés.)

Les visites d’appui technique 2024 ont été réalisées par ADICE CONSEIL ELEVAGE puis par les techniciens des organismes de conseil et laiteries de secteur en 2025 à l’échelle de la région.

 

9 élevages suivis dans le cadre du plan filière « Chevreaux »

Parmi les 9 élevages suivis, 5 engraissaient déjà à la ferme. C’était une volonté de l’association afin de ne pas pénaliser les éleveurs en cas de manque de débouchées.  Pour les 4 autres en revanche, c’était une première.

Les 9 profils étaient très différents, il y avait 7 fromagers et 2 laitiers. Tous les élevages allaitaient les premiers jours au multi-bib puis à la louve.

 

Moyenne des poids de chaque lots aux différentes pesées

 

Et si on parlait chiffres ?

Le projet pilote 2024 de l’engraissement des chevreaux à la ferme c’est 200 carcasses annoncées, 179 carcasses fournies soit 90% de l’objectif, 4 dates d’abattage, 10 magasins régionaux livrés, en rayon libre-service. Au niveau des poids carcasse, la moyenne était à 10.5 kg pour une rémunération à 10 € du kilo de carcasse.

 

Points positifs et axes d’amélioration du projet

Comme dans tous les projets, nous pouvons soulever des points positifs :

  • de bons retours sur le goût de la viande, de l’animation autour du projet,
  • une bonne communication avec les éleveurs et Interbev, entreprises clientes
  • un défi logistique relevé,
  • une possibilité pour les éleveurs d’écouler des chevreaux
  • un suivi technique pour apporter un regard extérieur

 

 

Des leviers d’amélioration ont également été mis en évidence tels

  • qu’un questionnement autour d’un moyen de transport pour éviter aux éleveurs éloignés d’emmener leurs chevreaux,
  • des barquettes trop lourdes donc des prix élevés (retravailler le produit),
  • davantage de communication à l’avenir sur le produit et le projet.

 

 

Et la suite alors ?

Projet de reconduite et développement des débouchés en 2025, extension progressive des groupes d’éleveurs au niveau régional (Rhône, autres ?), une continuité du suivi technique dans de nouveaux élevages

 

Lucas Clauzier, ADICE

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